Dimanche 25 octobre 2009
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Il posa sa main droite sur la chaise du petit salon. Ses articulations été blanche, tellement le sang affluait, ce qui révélait sa nervosité. Il posa sur moi ce regard que les jeunes gens ont quand
ils n'ont aucune connaissance de l'amour, et qu'ils se donneraient la vie pour l'être aimé. Ses yeux pleins d'innocence se posèrent sur moi, et il ajouta, las
- Et votre amant, qu'en est-il?
Cette question me parut bien déplacée, mon coeur ne fit qu'un bon à cette demande inattendue. Mais il fallait le raisonner, pour cela, j'en décidais de parler à coeur ouvert, bien que ma pudeur et
ma raison me faisait tord. Peut importe qu'il aille le crier sur les toits, tout ce que je voulais, c'est faire entendre raison à ce jeune garçon plein de vie et de passion.
- Oh vous savez, il se porte bien, il est partit à Paris pour dix jours, c'est une langueur cher ami.
- Ah, il vous faudra de la compagnie? Vous devez vous sentir bien seule.
- Pas le moins du monde! Son absence est un délice empoisonné, car vous savez, la distance pour les passions est bénéfique, si un coeur est trop près, il finira par se fâner.
Ses grands yeux bruns se tournèrent, il ne voulait pas me faire face, ce jeune homme me parut triste et révolté. Mais je voyais bien que les questions se pressaient sur ses lèvres et qu'il n'allait
pas tarder à me faire partager sa soif de savoir à mon sujet.
- Vous semblez heureuse, me dit-il paisiblement, comme si ma réponse allait encore le faire saigner
- Je le suis, comment puis-je être triste quand je suis comblée de la sorte
- Je ne puis vous répondre madame, mais votre visage trahit bien des émotions, et je ne saurais me tromper en lisant dans vos yeux cette passivité qui vous étreint.
- Ah! Si ce n'est cela, cher ami, vous voyez bien des choses, et cette absence me creuse quelque peu vous avez raison, mais la flamme qui m'anime n'est que de la passion
- Si madame me le permet, je serais fort aise de vous distraire pour combler ce néant dont vous souffrez.
- C'est fort aimable à vous, mais dix jours, cela passe vite non?
Il comprit alors que je n'avais nullement besoin de lui, mais que sa présence ne me mettait pas non plus en colère. Il était entre deux états, et je sentais son coeur peser lourd. Je me tournais
vers ma fenêtre et lui dis que j'allais prendre congé. Il tourna sur ces talons, sans émotions et, entre la porte et l'entrée il me dit une dernière phrase comme si cela fut la dernière.
- Oui, en effet, dix jours passent vite, mais cela peut entrainer la mort de la passion ...
- Détrompez vous mon ami, aujourd'hui, elle est plus intense qu'avant, et personne ne me changera sur ma position.
- Bien madame, sur ce, adieu.
Il partit. Sa voix n'avait ni colère, ni troubles apparant, c'était seulement une remarque comme les autre. Le ton qu'il avait prit me rassura, car il acceptait enfin cette situation.